lundi 30 mars 2009
JAMAICAN FISH & PINEAPPLE SALSA - POISSON JAMAICAIN & SALSA D'ANANAS
Monday 30st March 2009
Le dimanche matin, j'aime me rendre au marché du quartier des Vennes. C'est un tout petit marché où les nationalités se côtoient, que ce soient celles des habitants de ce quartier ou celles des marchands. Si le vent souffle, il devient musical car il amplifie la symphonie des accents et crée une ambiance unique et douce. On peut entendre l'Europe de l'est, la Turquie, l'Afrique du Nord, l'Asie... Les parfums s'enrobent de poudre de curry, de coriandre broyée, de piment séché, de paprika brûlant. Les produits sont simples, peu nombreux mais très frais. Et c'est là que j'achète mes fleurs ! Hier, j'ai choisi des fleurs exotiques. Un feuillage et un bel oiseau de paradis pour 3 euros : mon appartement a accueilli une touche d'exotisme et de soleil ( et ce sera pour une quinzaine de jours, les fleurs exotiques de belle qualité se gardant aussi longtemps ). La beauté de cette fleur m'a plongé dans le souvenir de mes séjours en Jamaïque. L'appel des épices jamaïcaines est devenu irrésistible.

Alors m'est revenue en mémoire une recette de poisson du chef anglais d'origine antillaise Ainsley Harriott. Recette que j'ai tardé à tester mais que voici. J'ai modifié le mode de cuisson. A la cuisson vapeur, j'ai préféré griller le poisson parfumé de poivre de la Jamaïque avant de terminer la cuisson en arrosant la chair d'une sauce épicée. Puis, j'ai préparé la salsa d'ananas, un accompagnement inédit dans ma cuisine et que j'inviterai à ma table estivale. Oui, j'ai aimé servir le poisson avec cette "sauce" de fruits. Cela m'a donné envie de la préparer avec des fruits rouges ou d'autres fruits de l'été pour un mariage frais avec les barbecues de poisson. Hum !
. UN POISSON FERME (BAR OU DORADE) - 1 ANANAS - 1/2 POIVRON JAUNE - UN PIMENT ANTILLAIS - UNE GOUSSE D'AIL - UNE ÉCHALOTE - UN MORCEAU DE GINGEMBRE - DU POIVRE DE LA JAMAÏQUE - DU PAPRIKA - DE LA SAUCE DE SOJA - DE L'HUILE D'OLIVE - UN CITRON VERT - DE LA CORIANDRE FRAICHE - SEL ET POIVRE . Mixer la moitié du poivron avec le gingembre, l'échalote, l'ail. Ajouter un peu de sauce de soja et du poivre. Inciser la chair du poisson jusqu'à l'arête centrale. Ecraser quelques baies de poivre de la Jamaïque et mélanger avec du sel, du poivre noir et du paprika. Frotter le poisson avec le mélange précédent. Chauffer de l'huile d'olive dans une poêle et cuire le poisson à feu vif. Ajouter la préparation au poivron. Cuire quelques minutes. . Préparer la salsa d'ananas en mélangeant les dés de l'ananas frais avec une cuillère à soupe d'huile d'olive, le jus d'un demi citron vert et une pincée de paprika. Ajouter des feuilles de coriandre hâchée. Servir le poisson avec la salsa et du riz nature; .
dimanche 29 mars 2009
GRATIN DE MACARONI "LA CRÈME DE LA CRÈME"
Sunday 29th March 2009
Samedi matin. Ce devait être le début du week end, ce fut celui des obligations professionnelles jusqu'à 18 heures. Alors dès le réveil, après une nuit agitée, j'ai cherché le réconfort, le verre à moitié plein, le juste équilibre. Car je ne sais pas si vous êtes dans mon cas mais pratiquement chaque matin, je me réveille accablée d'une tristesse indéfinissable, un peu comme si je portais le poids du monde sur mon dos tel un Saint Christophe... Cette tristesse-nostalgique semble venir de si loin... Alors je refuse de démarrer chaque journée en me laissant envahir par cette brume. Car, non, tout ne va pas si mal. Alors, je prête attention à tous ces petits riens et à chaque grande "chose" qui font ma vie : la chance de loger dans un appartement calme, beau, moderne, confortable. La joie d'une famille aimante. Le bonheur de déguster un bol de thé de grande qualité -earl grey aux fleurs de bleuet- . Le plaisir d'observer les citronniers qui mûrissent sur le balcon. L'étonnement devant le soleil levant plus rougeoyant que d'habitude ou le réconfort d'entendre le clapotis de la pluie qui rafraîchit tout. Et puis, et puis, le grand bonheur tout simple, après avoir bu mon thé, d'aller dans le salon, de m'installer confortablement dans un fauteuil bergère et de rester quelques minutes dans le silence de la vie, surprendre par la fenêtre l'écureuil du parc qui grimpe sur un arbre ou les oiseaux qui font leur nid, lire une ou deux pages d'un texte profond et humain. Alors, alors, après m'être offert ces minutes de plaisir, j'ai envie d'aborder la journée : que va-t-elle m'offrir aujourd'hui ? comment va-t-elle me surprendre ? Saurai-je garder la confiance, le sourire et être bien avec chacun ? Vais-je résister à la tentation de me cacher ? La vie comme un challenge de bien-être...
La cuisine, plus particulièrement lorsqu'elle est partagée, participe tellement au bien-être. Je connais peu de moments où le plaisir soit aussi abondant que lorsque l'on se réunit autour d'une table. Que nous soyons amis, collègues ou parents, c'est un moment de petite fête. Et les plats servis colorent cette fête. Le gratin que je vous présente aujourd'hui donnera une tonalité rustique et franche à la table. J'imagine le servir un jour pluvieux, brumeux. On se réunit pour une balade ou un jeu de société. on blague. On s'amuse. puis vient le soir. Alors on fait rôtir un bon morceau d'échine de porc avec ail, thym, tomate, et marjolaine. On servira des pommes au four en dessert en les arrosant de crème de cassis. Et on prépare le gratin de macaronis selon Bocuse.
Comme j'adore les pâtes, j'ai été alléchée par une photo du gratin aperçue sur un site. Cette recette de Bocuse est riche en crème et en beurre. De l'authentique cuisine française. Généreuse. Débordante. On ne cuisine plus ainsi à l'heure actuelle. La quantité de matières grasses -béchamel, fromage et crème réunis dans un seul plat- ne se rencontre guère. Est-ce nécessaire une telle richesse ? Est-ce que le gratin est meilleur ? Je vous laisse goûter la recette pour apporter votre propre réponse. Pour ma part, je retiens la technique de pré-cuire les pâtes dans le lait et j'admire la précision des quantités.
.
POUR DEUX PERSONNES : 83 g de macaroni n° 44 - 2,5 dl de lait - sel, muscade - 100 g de crème fraiche - 20 g de beurre - 15 g de farine - 25 g de gruyère râpé
Chauffer le lait avec le sel et la muscade. A ébullition, verser les pâtes et cuire deux minutes.
Egoutter les pâtes. Faire une béchamel avec le lait. Ajouter la crème puis les pâtes. Verser dans un plat à gratin. Couvrir de gruyère. Cuire 30 minutes au four.
.
dimanche 22 mars 2009
SWEET BIRTHDAY LEMON CREAM - CRÈME VITALITÉ AU CITRON
Sunday 22nd March 2009
"LES FEMMES SOUTIENNENT LA MOITIE DU CIEL". MO ZI
Ah, j'ai beaucoup de chance aujourd'hui. Merci. Merci. Merci. Il y a 90 ans, le 22 mars 1919, dans une authentique maison de bois slovène au milieu des champs du village de Hrastnik, naissait Berta, "ma" grand-mère, ma chère grand-mère maternelle. Et je ne suis pas certaine de trouver les mots justes pour vous partager combien sa présence à mes côtés m'a accompagné avec tant d'amour depuis ma naissance. Elle a assisté à ma naissance et je crois bien que depuis ce jour-là, un lien indéfectible d'amour nous lie ! Elle parle encore de son étonnement en me découvrant "tu es le premier et le seul bébé que j'ai vu naître, c'était beau !" et de la façon invraisemblable et révoltante pour elle dont la sage-femme a attrapé mon corps de bébé " elle te manipulait comme un petit lapin, je ne comprenais pas". Elle m'a aidé à grandir. Vraiment aidé. Elle a participé à ma construction littéraire et artistique. Combien de pièces de théâtre n'avons-nous pas vu ensemble, moi enfant appuyée contre son épaule ! Elle aurait bien aimé être institutrice mais née dans une famille de mineurs de fond qui allait immigrer en France en 1924, elle n'est restée sur les bancs de l'école que trois années. C'est en autodidacte qu'elle s'est cultivée, curieuse et sociable, sophistiquée et attentive aux rencontres. Elle a eu une vie sociale riche. Elle parle plusieurs langues et même le ch'timi car elle a vécu ses premières années en France dans le Pas-de-Calais. J'aime la sonorité unique de sa voix parfumée d'accents improbables à la fois slave et chti. Mémé a découvert tout un monde et un certain raffinement en travaillant adolescente comme cuisinière dans une grande famille. "Madame" lui a beaucoup appris. Un respect mutuel et durable entre cette famille et ma grand-mère a renforcé le goût de l'exigence.
A 90 ans, mémé est encore pleine de vitalité, tempérament de feu de Bélier, caractère à l'acier trempé, elle vit encore chez elle, autonome, intelligente et curieuse (l'un n'allant pas sans l'autre). Elle se tient droite, au sens propre comme au sens figuré. Son énergie réveille et dynamise : pas question de se laisser aller. La mort d'un enfant a assombri sa vie. Blessure à vie, à vif. Elle n'a pas su s'en guérir. Et pourtant, son sourire est resté enfantin et coquin, elle a toujours aimé s'amuser. Je l'ai vu danser le pogo à l'heure du punk et fumer le cigare lors de fêtes de famille. Pour "s'amuser". Aujourd'hui elle reste curieuse de la vie. Quand je m'annonce pour le temps d'un apéritif, je la retrouve dans la cave en train de choisir une bouteille de champagne. Quand je lui téléphone, elle raconte son actualité avec beaucoup de recul.
Happy birthday dear mémé. Et plein de petits bisous et d'accolades, autant que ton coeur en a besoin. J'aime que tu n'aies pas de pudeur pour avouer combien à l'heure de la vieillesse tu as besoin de bisous, de caresses, d'affection. Quelle chance de pouvoir donc te rendre cette affection que tu m'as généreusement donné lorsque je n'étais qu'une enfant. Quelle chance de vivre des moments à tes côtés, de te parler, d'échanger, de discuter, d'écouter ton expérience de la vie et les souvenirs heureux ou incongrus. Ce que tu as su me transmettre, je souhaite le transmettre à mon tour. Et être attentive, proche du meilleur que je peux malgré les 300 kilomètres que nous séparent physiquement. Nos âmes sont proches et s'aiment...
Alors, aujourd'hui toute la famille est réunie autour de Berta pour la fêter. Le champagne et le croque-en-bouche conclueront un repas de fête où tous les plats préférés de mémé seront cuisinés : poularde de Sauxillanges, lotte comme dans le pays d'Oc, rosbeef sauce madère,... Et puis, il y aura cette petite crème acidulée, piquante de gingembre et de citron juste comme il faut. Fondante de douceur comme l'amour de mémé pour une petite fille et saisissante comme la femme de caractère qu'est Berta.
.
4 oeufs - 10 g de beurre fondu et refroidi - 200 g de sucre - 15 cl de jus de citron - 12 cl de crème fraiche liquide - du gingembre confit
Préchauffer un bain-marie dans un four à 150°C. Fouetter à la main les oeufs et le sucre sans faire mousser.
Sans cesser de battre, ajouter le jus de citron, le beurre et la crème. Mettre en ramequin. Cuire 15 à 20 minutes. Laisser refroidir.
Décorer de tranches de gingembre confit.
.













